Travailler moins longtemps pour rester performant
Par Pierre-Louis Bescond, dimanche 11 février 2007 à 12:00 :: Organisation :: #4 :: rss
Dans la vision "restreinte" que beaucoup d'employés possèdent vis à vis de leurs congénères, une personne qui travaille beaucoup (en terme de durée) est une personne qui fait "du bon boulot" !
Tout du moins, c'est une croyance largement répandue dans les entreprises françaises alors que bon nombre de sociétés, que ce soit outre-Manche ou outre Atlantique, considèrent des heures de travail à rallonge comme un aveu cinglant d'inefficacité... Le stéréotype du jeune cadre dynamique restant tard au bureau pour boucler un dossier "important" en prend donc un sacré coup dès que nous allons voir chez certains de nos voisins !
Récemment, une personne hiérarchiquement plus « élevée » que moi m’a fait remarquer ironiquement un départ en fin d’après-midi qu’elle jugeait comme « anticipé » par rapport aux horaires normaux d’un cadre...
Ce qu’il y a de plus intéressant dans cette histoire, c’est qu’elle a amené à réfléchir sur tous les paradoxes que soulevait sa remarque.
Premièrement, la société pour laquelle je travaille fonctionne en mode dit « Projets » et a donc pour particularité d’avoir une activité cyclique (et généralement très soutenue). Des périodes calmes succèdent heureusement à des périodes plus agitées afin de laisser aux personnes le loisir de faire le point sur la dernière tempête vécue et de réfléchir aux prochains ouragans visibles à l’horizon !
Considérons-donc que lors des périodes « agitées », mon activité journalière soit représentée par environ 200 unités . En travaillant 9 heures par jour, mon taux de performance est donc à peu près de 22 unités de travail / heure.
Si pendant les périodes « calmes » (qui réclament environ 150 unités de travail par jour), je me borne à suivre scrupuleusement les mêmes horaires, ma productivité va donc se réduire naturellement à 16 UDT/jour alors que le rythme de 22 UDT/jour me convient parfaitement.
Si maintenant nous partons du principe que l’Homme possède une tendance naturelle à s’adapter à son environnement et à ses contraintes (la résilience), nous pouvons poser le postulat que le retour à une période « agitée » pourra être mal vécue si elle est trop brusque car me forçant à gagner 30% de productivité en un laps de temps très court...
Choisir de partir tôt en période calme, ce n’est donc pas qu’une attitude dilettante, c’est aussi un comportement professionnel tel un marathonien qui s’imposerait de courir en moins de temps une distance plus courte ; ce qui tombe sous le sens...
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